La pratique de la relecture d'un vécu pénible

Une approche avec un guide sonorisé



Comment s'y prendre pour accueillir avec bienveillance
ce qui se passe en moi ?

A la suite d'un vécu difficile, je ne me sens pas bien.
Il y a des choses en moi qui s'agitent, des zones de tension et de mal être.
Ce sont des zones froissées ou blessées en différents lieux de ma sensibilité.
Et mon mental s'active aussi beaucoup autour de ça.
Ces zones perturbées aspirent à un mieux être.
Elles ont besoin de recevoir de l’empathie et de la compassion.

Je dispose d'une instance en moi-même qui est capable de faire cela : c'est ma conscience profonde.

Voici donc mon intention pour cette activité de relecture :
prendre conscience de l’impact en moi de cet événement.
Il a déclenché des cogitations et des émotions.
Ce qui se passe est résumé schématiquement ci-dessous : à gauche un personnage dont le mental est occupé de pensées compulsives et dont la sensibilité est remplie d'émotions pénibles. Il est debout sur une petite planète qui symbolise ses racines, son être même : la vie qui l'habite et se manifeste par des aspirations profondes, des besoins essentiels, une poussée pour exister.

Qui je suis et Quoi je suis

Ce schéma veut mettre en évidence que pensées et émotions sont les messagères d'un manque vécu au niveau des besoins essentiels. Il peut permettre de comprendre une distinction fondamentale entre "Qui je suis", la conscience d'être qui m'anime, et "Quoi je suis", les pensées et émotions qui m'habitent en fonction du niveau de prise en compte de mes besoins.



C'est une distinction entre le "Je" et le "Moi" qui est mise en œuvre dans l'activité de relecture d'un vécu pénible.

Dans la relecture, "Je" réalise que je ne suis pas ces émotions qui m’habitent,
je ne suis pas ces pensées spontanées qui me traversent.
J’héberge tout cela.
Je vais me rendre présent à tout cela.
Je vais écouter ce retentissement. Je ne vais pas le réprimer.
Au contraire, je vais le prendre en considération.
Au fond de moi, je suis cette conscience bienveillante qui accueille.

Je vais prendre le temps de donner à cette part en souffrance toute la compassion et la compréhension nécessaire, jusqu'à ce qu'elle  puisse s'apaiser en délivrant le message qu'elle contient. Il concerne des besoins importants et des aspirations vitales pour moi.

Voici un audioguide pour tester cette approche.
il vous permettra de voir ce que ça donne, de noter ce qui vous convient, ce qui ne vous convient pas, ce que vous aimeriez à la place.
Vous pourrez alors le modifier en fonction de vos propres besoins et le tester à nouveau après l'avoir enregistré avec votre propre voix.
Chacun de nous a en soi une bonne voix pour se parler à lui-même.
En tâtonnant un peu, il est possible de la trouver et de la mettre en œuvre.
Bonne expérimentation !

Jean-Luc Berger

ECOUTE de L'AUDIOGUIDE

Le dialogue intérieur dure 17mn.
Il est bon de se choisir un temps dédié et un lieu calme, où l'on ne sera pas dérangé. 
On peut avoir à portée de main un papier et un crayon pour noter ses découvertes,
en particulier les besoins profonds qui peuvent être identifiés.
On peut poser l'écoute chaque fois que nécessaire avec le bouton Lecture/Pause ci-dessous.


LE TEXTE DE L'AUDIOGUIDE

1 - J’évoque une situation vécue récemment et qui fut pénible pour moi.
Je me repasse le film. Je laisse revenir, j’observe et j’accueille pendant quelques instants ce que cette situation a déclenché en moi.
Mon intention pour cette activité de relecture : prendre conscience de l’impact en moi de cet événement. Il a déclenché des cogitations et des émotions. Je réalise que je ne suis pas ces émotions qui m’habitent, je ne suis pas ces pensées spontanées qui me traversent. J’héberge tout cela. Je vais me rendre présent à tout cela. Je vais écouter ce retentissement. Je ne vais pas le réprimer. Au contraire, je vais le prendre en considération.
Au fond de moi, je suis cette conscience bienveillante qui accueille.
2 – Qu’est-ce qui s’est passé ? J’observe les faits qui ont stimulé ce ressenti pénible. Je les écris sur une feuille de papier. J’écris seulement ce que verrait une caméra filmant la scène, pour le moment je n’écris pas mes pensées ni mes affects.
3 – Sur ma feuille je tire un trait et au-dessous j’écris tout ce qui se dit en moi au sujet de ces faits, toutes les pensées et cogitations qui me viennent. Je me laisse écrire tout ce qui me vient, aussi crûment que cela se dise.
Puis, je reviens aux faits écrits au-dessus. Et j’observe simplement la différence.
4 - Maintenant, je tourne le projecteur de ma conscience vers mon corps. J’accueille mes différents ressentis corporels éprouvés lors de cette évocation. Qu’est-ce qui se passe en moi, qu’est-ce que je ressens ? Sous quelle forme, avec quelle intensité ?
Je perçois quelque chose en moi qui est comme…
Est-ce un poids, une brûlure, une tension, une douleur, un mouvement… ? C’est quoi ? C’est où dans mon corps ? En quel endroit ?
J’ouvre un espace de bienvenue pour tout cela. J’accueille ce qui se passe comme c’est.
5 – Quel sentiment accompagne ce ressenti ? Quel est le mouvement interne qui se manifeste là ?
Je laisse me venir des mots pour nommer ce qui m’habite.
Je tire de nouveau un trait sur ma feuille et au-dessous de mes cogitations j’écris les émotions que je suis en train d’observer. J’exprime du mieux que je peux les sentiments qui m’habitent.
-    Est-ce comme un mouvement de recul ? Est-ce une tension, une inquiétude ? Si c’est le cas, qu’est-ce que je redoute ? Qu’est-ce que je voudrais éviter ? De quoi ai-je peur ? (Je l’écris)
-    Est-ce comme un mouvement agressif, un agacement, une irritation, une colère ? Si c’est le cas quel est le dommage que je subi ? Je veux me protéger de quoi ? (Je l’écris)
-    Est-ce comme un mouvement de fatigue, de déprime ? Est-ce comme un accablement, un découragement, une tristesse ? Si c’est le cas quelle est la perte que je déplore ? (Je l’écris)

J’observe peut-être qu’il y a en moi un mécontentement de ressentir cela.
Si c’est le cas, je commence par accueillir ce mécontentement.
Ce qui se passe en moi a de bonnes raisons d’être là.
Je fais de la place à tout cela, j’en mesure l’importance. Je vais écouter à présent les manques dont témoignent ces ressentis pénibles.
 
6 – Je m’interroge : si je me raconte tout ça, si je ressens tout ça, c’est qu’il me manque quelque chose d’important pour moi dans cette situation. Qu’est-ce donc ?
Qu’est-ce que je recherchais au fond ? Quels besoins n’ont pas été pris en compte ?
Qu’est-ce qui n’a pas pu se vivre dans cette situation et que j’aurais aimé vivre ?

Je relis ce que j’ai déjà écrit avec ce questionnement. Je laisse me venir les réponses.
Je les note comme elles me viennent.
Je prends tout le temps qu’il me faut pour cela.
Je me laisse ressentir le manque…
J’entre dans le deuil, l’absence de ce que j’aurai aimé vivre.
Il se peut que je ressente comme une validation intérieure : oui, c’est bien cela qui me manque.
7- Si les besoins que je viens d’identifier avaient été satisfaits dans cette situation précise, cela m’aurait permis de vivre quoi de vraiment essentiel pour moi ? Dans quelles aspirations profondes, dans quelles valeurs s’enracinent ces besoins ?
J’observe ce qui se passe en moi quand je suis ainsi en contact avec mes aspirations profondes, lorsque je les prends vraiment en considération, lorsque je réalise que ce que je recherche au fond c’est vraiment quelque chose de bon et de bien. C’est, au fond, la vie elle-même qui cherche ça en moi. Je réalise que l’intensité de mes émotions est en lien avec l’importance, le précieux de mes aspirations. Je me laisse goûter cela, autant que je le peux.
8- Enfin, pendant quelques instants, je veille en ce bien, en cette vie qui désire cela en moi, je m’y dépose, je m’y appuie, je m'y confie, et je m’y laisse faire,
autant que possible.

Alors, peut-être, puis-je ressentir un peu de paix, et aussi un peu de gratitude pour le bien que je perçois là, aussi mince qu’en soit ma perception.
Alors, peut-être, dans cette petite clairière de calme revenue, puis-je envisager quelque chose de particulier à faire pour prendre mieux en compte le besoin que je viens d’accueillir. Je laisse venir et je note ce qui me serait possible de faire.

Si une intention précise s’est dégagée, puis-je lui faire de la place en moi ? Si c’est le cas, je peux la laisser communiquer sa présence aux parts de moi-même qui sont en manque.

Puis-je maintenant décider de poursuivre mon chemin avec ça ?

Oui, je prends la main de ce que j’ai pu rejoindre de vivant et de bon... et je m’y tiens.
Je me remercie d’avoir pris ce temps et fait ce bout de chemin…